Ouverture des Journées Pastorales Diocésaines 2026-2027 de Maradi

Chers frères ! Chères sœurs !
Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à cette session de Journées Pastorales Diocésaines 2026-2027.
Les années se suivent mais elles ne se ressemblent pas. Notre pastorale se poursuit comme un processus au service de l’humanité, dans le sens évangélique pour que le monde, voire l’humanité ait la vie en abondance. Le thème de cette année pastorale est : « Pèlerins d’espérance de l’Eglise famille de Dieu à Maradi, vivons notre foi au Christ dans notre milieu de vie. »
La pastorale de l’Eglise, en tant que processus, se veut une continuité, le Seigneur nous envoie semer là où d’autres ont labouré, sarcler là où d’autres ont semé, récolter la où d’autres ont sarclé…et la chaine continue à l’infini !
Je m’en vais vous inviter à une attitude pastorale que je voudrais en toute humilité mais surtout en toute sincérité appeler inquiétude pastorale.
Inspiré par deux passages dans Evangelii Gaudium du Pape François : « J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. Une identification des fins sans une adéquate recherche communautaire des moyens pour les atteindre est condamnée à se traduire en pure imagination.
« … Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. »

Dans nos différentes structures, institutions (paroisses, CSD, CADEV, écoles, catéchèse …etc.) tout marche à merveille. Dans nos écoles les résultats parlent pour eux-mêmes… dans nos paroisses les églises sont pleines les dimanches, on y chante, on y danse… Le risque est grand ainsi que la tentation de dormir sur nos lauriers ou de s’asseoir sur nos lauriers. Donc de vivre dans une attitude de complaisance.
Mis Jésus a toujours invité ses apôtres, ses disciples : « avancez au large » (Lc 5 :4), « « avancez en eau profonde », « Allez de l’avant », « allons ailleurs… car c’est pourquoi je suis sorti » … Par conséquent, il s’agit donc de ne pas être content que les 99 brebis sont là mais s’inquiéter pour la centième brebis qui est absente, de ne pas être satisfait parce que les gens nous applaudissent mais de penser à ceux qui n’ont pas encore entendu parler de l’Evangile, de ne pas être satisfait car nous avons eu 100% au bac ou au BEPC mais s’inquiéter pour les nombreux enfants en âge de scolarisation mais qui n’ont pas l’occasion d’aller à l’école ; de ne pas être content car nous sommes repus mais penser à ceux qui n’ont rien mangé depuis des mois … C’est là l’esprit de l’Evangile : chercher la justice, la paix et l’intégrité de la création, notre maison commune !!!

C’est dans cet esprit que l’attitude pastorale d’inquiétude pastorale prend son sens car elle consiste à toujours se demander qu’est ce que je peux faire mieux dans mon ministère ? Qu’est-ce que je peux améliorer dans notre paroisse, dans notre école, dans notre CSD, dans notre centre de santé, dans notre centre de promotion humaine, dans notre catéchèse, dans notre liturgie…etc. ? Comment pouvons-nous mieux servir les plus pauvres, les marginalisés, comment pouvons-nous mieux rejoindre ceux celles qui sont aux périphéries existentielles ? Je vous parle d’une insatisfaction perpétuelle, permanente pastorale autrement dit professionnelle. Que puis-je faire de plus pour Dieu ? Être ou faire plus, mieux, davantage, Dans cette perspective, nous visons plutôt la qualité que la quantité, la croissance, l’approfondissant : Dormir sur nos lauriers équivaut se contenter du simple dénominateur commun qui mène inéluctablement à la médiocrité. Dans l’Evangile deMathieu (16 :13ss), quand Jésus interroge ses disciples, ses apôtres à Capharnaüm « qui suis-je au dire de gens ? il voulait les amener à la question fondamentale « mais pour vous qui suis-je » ?

Dans la spiritualité ignacienne Ignace de Loyola appelle cela « magis », le davantage, le plus. … Il s’agit du nécessaire progrès de nos structures, institutions, car aucune structure ne doit stagner, ou rester sacrosaint, mais doit plutôt évoluer avec la société qui est constante évolution. Bien sûr, cette évolution doit avoir des repères non-négociables autrement dit des valeurs qui confirme qu’il est sur la bonne voie, dans la bonne direction : par exemple l’amour du prochain/voisin, le pardon accordé même aux ennemis, surtout du plus pauvre, marginalisé, les périphéries existentielles… Car le Christ nous invite à un amour désintéressé : aimez vos ennemis, ceux qui vous persécutent.
Par conséquent, pendant ces journées pastorales diocésaines toutes nos réflexions, délibérations, discussions, partages doivent être marquées par une inquiétude pastorale, un désir de faire non seulement davantage mais de faire encore mieux. Nous cherchons une vision commune afin d’avancer au large ensemble… C’est dans ce sens que nous allons d’un plan pastoral stratégique diocésain, que nous parlerons aussi de notre jubilé d’argent… C’est-à-dire en vue d’une vision commune afin de pouvoir marcher ensemble. C’est là le but de nos journées pastorales diocésaines.
Entrons donc dans ces journées pastorales diocésaines avec cette attitude à l’esprit.
C’est dans cet esprit d’inquiétude pastorale que je déclare ces journées pastorales diocésaines 2026-2027 ouvertes.
Mgr Ignatius Anipu Evêque de Maradi



